Les membres du Front commun CSN-FTQ ont donné un mandat de grève
à leurs organisations à être exercé à partir du 10 novembre.
C'est un résultat révélateur du degré de détermination et
d'indignation des salarié-es de l'État devant l'immobilisme du
gouvernement Charest: plus de 80 % des assemblées syndicales qui
se sont prononcées à ce jour ont voté pour la grève !
«C'est
un résultat historique, soutient Claudette Carbonneau,
présidente de la CSN. Nous n'avons pas obtenu un tel mandat de
grève en Front commun CSN-FTQ depuis 1979. Depuis 25 ans! Les
salariés de l'État ne demandent pas la lune, ils demandent le
respect!»
Quant à
Henri Massé, président de la FTQ, il n'hésite pas à qualifier ce
«Front commun d'un des plus solides depuis très longtemps». De
plus, il ajoute «qu'il est important que le gouvernement
comprenne que les salariés de l'État sont trop pauvres pour
accepter le gel de leur salaire pour les deux premières années
de leur convention.
Le Front commun demande au gouvernement d'accélérer le rythme
des négociations. Les conventions collectives sont échues depuis
juin 2003. La CSN et la FTQ estiment que les parties ont encore
du temps pour conclure un accord.
Aujourd'hui, lors d'un rassemblement haut en couleurs à
Montréal, les dirigeants syndicaux ont annoncé le résultat d'un
processus démocratique. Depuis le dépôt d'une contre-proposition
du Front commun le 23 septembre dernier, des dizaines de
milliers de membres CSN et FTQ ont tenu des assemblées dans leur
milieu de travail respectif. Ce processus n'est pas terminé mais
on peut, d'ores et déjà, annoncer que toutes les organisations
syndicales ont obtenu leur majorité. A cause des modifications
imposées par la loi 30, il reste à une centaine de syndicats à
tenir leur assemblée ; elles se dérouleront au cours des
prochains jours.
Daniel Boyer et Louis Roy, respectivement responsables de la
négociation à la FTQ et à la CSN, se sont aussi adressés aux
manifestants soulignant, tour à tour, l'importance de la
mobilisation des membres pour défendre des conditions de travail
décentes et des services publics de qualité. Les 200 000 membres
du Front commun exerceront un mandat de 4 jours de grève
rotatives
partout au Québec à compter du 10 novembre.
Rappelons que le gouvernement "offre" des hausses
salariales de 8 % sur six ans et neuf mois dont un gel des
salaires pour les deux premières années (2004 et 2005). Notre
contre-proposition, qui comportait une baisse de nos demandes
salariales de 800 millions de dollars, est de 13,5 % pour la
durée de la convention, soit 5 ans et demi ainsi qu'une clause
de protection du pouvoir d'achat.
Le Front commun est le plus important groupe de
travailleuses et de travailleurs du secteur public. Il est
présent dans la santé, les services sociaux, les organismes
gouvernementaux, parmi le personnel de soutien des écoles et des
cégeps et parmi les enseignantes et les enseignants de cégep.